Hante voltige

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Autrice : Nelly Chadour 
Éditeur : Les Saisons de l’Étrange
Genre : Horreur, urban fantasy
Nombre de pages : 192
Prix : 15 €

Playlist : Carpenter Brut – Trilogy

 

 

  • Résumé

Années 80, Paris, il chevauche la nuit sur sa moto chromée, hantant les rues enfumées de la Capitale.
Que peuvent faire Leïla et Fusain pour arrêter cette menace sans visage, cachée derrière un casque noir comme l’éternité ? Le Motard fait rugir son moteur, et sa soif de vengeance ne connaît pas de frein.

 

  • Avis

Nelly Chadour, autrice de plusieurs romans dont Espérer le soleil (Les moutons électriques, 2017), revient avec un nouveau texte pour la deuxième saison des Saisons de l’Étrange. Les Saisons de l’Étrange est une structure indépendante, auparavant une collection des Moutons électriques, qui publie des romans de genres (dans le style série B) sous la forme de feuilleton.
Nous aurons l’occasion de revenir plus en détail sur cette nouvelle maison d’édition dans un article consacré.

Hante voltige s’inscrit parfaitement dans cette ligne éditoriale puisque c’est un roman d’horreur surnaturel qui se situe au milieu des années 80 à Paris.
Avant d’aborder plus profondément du côté surnaturel du récit, il est indispensable de parler de ses aspects social et engagé.

Le récit commence avec les manifestations étudiantes qui se sont poursuivies après la dramatique affaire de Malik Oussekine, ce jeune étudiant victime de violence policière, dont l’autrice fait rapidement mention.
À l’époque, il existait une formation policière : les voltigeurs. Deux policiers sur une moto, un aux commandes, l’autre armé d’une matraque à l’arrière, avaient pour mission de disperser les manifestants. Dans le récit, les voltigeurs sont les fantômes auxquels vont devoir faire face nos jeunes héros. Avec cette explication, on comprend la couverture et surtout le jeu de mot dans le titre.
Outre cet ancrage historique, Nelly Chadour développe un univers underground très maîtrisé et renseigné. Elle dépeint une galerie de personnages provenant de la contre-culture gothique, punk ou encore metal et donne également une place importante à des personnages issus de l’immigration maghrébine. L’autrice aborde ainsi des problèmes liés au racisme mais également les conflits entre différentes communautés aux convictions politiques radicalement opposées comme les punks et les skins.
L’autrice décrit un Paris sans fantasy notamment grâce à la description de lieux comme « Le Flibustier » (certains reconnaîtront le clin d’œil) un bar punk, le lecteur a vraiment l’impression d’être propulsé dans les années 80. L’effet est renforcé par les nombreuses petites références de l’autrice qui cite des groupes de musiques ou qui fait des allusions à des auteurs. Cet univers réaliste, engagé et social n’empêche pas l’autrice de proposer un roman digne des meilleurs films de genres.

Hante voltige reste malgré tout un roman de série B, comme je l’ai mentionné précédemment. Les héros sont hantés par deux fantômes voltigeurs qui ont décidé de faire régner la terreur et de s’attaquer particulièrement à Fusain et sa bande de potes. L’ambiance qu’installe l’autrice fait fatalement penser à un film de Carpenter (surtout les scènes qui se déroulent la nuit ou encore la fin). L’atmosphère semble enfumée et pleine de brouillard. Il y a vraiment un côté poisseux-délicieux et une bonne dose de gore quand il le faut. Le lecteur ne peut s’empêcher de voir le récit !

Toutefois, le roman a également un côté très léger par certaines scènes ou personnages. Ces derniers restent de jeunes adultes préoccupés par l’amour, le sexe, les fêtes et sont animés par la fougue de la jeunesse. Le personnage de Byron, cet irlandais à l’accent et au style inimitable a un humour caustique. Fusain reste préoccupé par la fille sur qui il a eu un coup de foudre malgré les problèmes qu’il doit affronter.
Outre cette bande de jeunes, on trouve aussi d’autres personnages assez grandioses comme un sans-abri qui travaille pour l’ogresse ou encore Papy pantoufles, un petit vieux qui se sert de ses charentaises (tout est dans son surnom) pour donner quelques leçons et qui se retrouve bon gré mal gré à enquêter sur les voltigeurs et à croiser le chemin de la troupe de Fusain.
Il me semble difficile d’en dire plus sans trop en révéler.

Comme vous l’aurez compris, Hante voltige est un vrai roman de série B, très bien construit, où l’autrice reprend les codes du genre mais également ceux du cinéma. On sent également que Nelly Chadour a voulu aller au-délà du récit de genre, de lui donner une dimension engagée et de décrire une réalité sociale qui est encore malheureusement d’actualité.
Je vous recommande réellement de vous jeter sur ce livre et d’accompagner votre lecture de pop-corn, de bière et d’une bonne playlist ! 

Hati

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